Le mauvais restaurant

23 km que je suis parti de chez moi. Une belle journée, un ciel bleu intense, du vent, du soleil. Un temps de printemps. Demi-tour parisien, fidèle à la ligne, le long des maréchaux.

Passés les kilomètres, s’insinue lentement l’envie de manger. De me reposer, reprendre quelques forces. De me faire plaisir. Et les dernières portes défilent au rythme de mes initiatives culinaires.

Kurde ? Libanais ? Vietnamien ? Japonais ?

Not today.

Français ?

Ben non.

Rien de m’inspire, tant que je marche. Je repousse l’envie jusqu’à la réalisation, ne pas manger trop vite, ne pas manger trop tôt.

Et puis… Indien ?

Indien… Oui, c’est bien, ça. Très bien.

Mes dernières marches en grande ville : Delhi, souvenirs bruyants, bousculés, empuantis, impossibles de ne pas aimer. Le repas de midi fera office de Delhi.

Arrivé devant le restaurant, quartier de l’Opéra, le New Balal, dans mon souvenir on y mangeait.

Commandé un assortiment de grillades tandoori, bizarrement servi en moins de 5 minutes, dans un grand plat en inox décoré de chou râpé et de carottes, plat que le serveur ramène en cuisine une fois les morceaux de viande déposés dans mon assiette.

Chou et carottes qui en ont vu – et en verront – beaucoup d’autres…

Déjà, je doute. Le régal semble loin, s’inclinant devant le souvenir insatiable du tandoori dégusté, englouti, adoré, dévoré au Hyatt Delhi.

Passons ! Affamé, je tente.

La viande grillée sent le réchauffé, le poisson desséché est scabreux, la viande hachée insipide.

Sauce au yaourt et à la menthe, tournée.

Je comble avec le piment pour ne pas raviver la courante, et finis sans plaisir aucun mon à-côté de riz, épinards et pomme de terre qui me cale. Sans intérêt.

Nettement moins bon qu’à la maison, par exemple !

Laisse dans mon assiette (fait assez rare pour être signalé) quelques morceaux trop durs, trop secs ou trop inintéressants.

Fais passer le tout de gorgées de Kingfisher en lisant un Harlan Coben qui trompe efficacement l’ennui.

Finalement, lourdement je me relève, déçu et irrité.

En route!

Non, je n’ai plus aucun enthousiasme, alors…

en route.

 

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